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jeudi 20 juillet 2017

SOIF

Un été sans pluie ou presque au Jardin du Vent. Le bon côté : des abricots doux et sucrés. 
Le reste souffre en silence. La soif se fait sentir. Les feuilles des arbres se tournent au ciel à chaque nuage. Ils passent sans offrir une seule goutte. Ou presque. 2 mm en juillet. Rien. Un peu plus en juin, mais cette eau-là est déjà un lointain souvenir.

Alors la vie du chaud et sec s'installe. Les cochenilles décident d'un lieu de villégiature propice à leur épanouissement. Tu sais qu'ici on attend que la nature se débrouille toute seule. Alors voir débouler les cochenilles valises sous les bras ne nous inquiète pas plus que le bal des estivants. On sait qu'il n'y en a pas pour longtemps.

Trois jours et déjà les nettoyeuses sont au boulot.


Le reste avance à pas feutrés, se partage l'ombre et les nutriments. Les courgettes poussent dans les tas de branchages, précaution d'assoiffées.



lundi 27 juillet 2015

Une partie de Dhal ?

Tu sens ces effluves alléchantes ? C'est un dhal qui mijote. Mon péché mignon de l'été. Mon chouchou à cuisiner, parce qu'il embaume les lieux, parce qu'il est succulent chaud ou froid, parce qu'il est encore meilleur préparé en belle quantité et permet de délicieuses portions à congeler pour les gamelles de l'automne. 

Si tu ne le sais pas déjà, dis-toi bien que s'il est porteur d'autant de parfums envoûtants c'est qu'il arrive d'Inde. L'ingrédient de base du dhal est la lentille, ou tout autre légumineuse. La manière de cuisiner rappelle celle du risotto.
Tu l'adaptes à tes préférences et tout ira bien.

La partie commence par un bel oignon émincé que tu fais revenir dans une cuillère de ghi, le but du jeu étant de te faire plaisir, tu ajoutes un ou deux de tes favoris du jardin. Pour moi ce sera une belle aubergine en lamelles. Tu remues, rien ne doit brûler. Tu avances ta gousse d’ail pressée pour faire plaisir à la dame. Tu sales, et colores l'ensemble d'un nuage de curcuma. Tu remues, rien de doit brûler. Les aubergines commencent à fondre de plaisir, tu peux leur offrir la compagnie de deux belles poignées de lentilles, corail pour moi. Pour la couleur et le goût. Tu remues, rien ne doit brûler. Une dizaine de capsules de cardamome entrent dans la danse accompagnées d'un bouquet de coriandre ciselée. Tu remues, rien ne doit brûler. La partie touche à sa fin, tu couvres d'eau et laisse mijoter à couvert. Tu gagnes en versant un trait de lait de coco juste avant de servir.

vendredi 17 juillet 2015

Papilles en ébullition


Autant d'années à l'admirer, la caresser, la renifler, la cueillir en bouquets, la sécher, sans jamais la goûter...Comment ai-je pu me passer de cette subtilité aromatique aussi longtemps ?


Tout est réparé, j'ai mitonné ma première confiture d'abricots à la lavande, un parfum à tomber pendant la cuisson, et une saveur incomparable.

Tu choisis ta recette préférée de confiture (ici : 550g de sucre de canne blond pour un kilo de fruits dénoyautés - pas ceux du jardin, ils manquent de maturité), tu emballes soigneusement un bouquet de fleurs de lavande dans un sachet de mousseline (une compresse), tu noues avec une ficelle suffisamment longue pour pouvoir l'accrocher hors de ta gamelle et tu laisses infuser pendant la cuisson. Tu emplis tes narines de ce doux parfum. Avant la mise en pot tu presses le sachet de lavande.
Et tu m'en diras des nouvelles.


vendredi 25 juillet 2014

Un p'tit tour et puis s'en va

On ne parle pas très bien le hérisson ici. On trouvait étrange que soudainement il partage notre quotidien, mais c'était chouette. On n'avait pas compris que c'était un petit tour avant de partir.
Il repose sous le sureau.



Magie mon ghi

Au Jardin du Vent, on aime les bonnes idées des autres, si elles sont douces et gourmandes on se les approprie sans hésiter. La très nature L. douce amie du Sud parle du ghi (ou ghee). Elle conte elle explique tu en entends le chuintement de l'ébullition tu en sens l'odeur tu en as presque le goût noisette sur le bout de la langue. 
Tu te lances.


Rien de bien compliqué, la métamorphose du beurre en or liquide demande surtout beaucoup d'attention. Tu choisis une bonne casserole à fond épais (ta cocotte en fonte sera parfaite), tu découpes une livre de beurre DOUX en morceaux et tu fais fondre à feu doux. Tout doux. Tu remues, tu tournes, tu fais des 8 avec ta spatule en bois. Un chuintement s'élève, une mousse se forme, tu perpétues ton mouvement avec la spatule. Le beurre est au stade de l'ébullition, il peut brûler à chaque instant. Tu remues. Tout doux. Tu écoutes. Il chante, dit L. La magie opère. La mousse devient paillettes, les paillettes sont attirées par le fond, le beurre devient transparent. Tu aperçois les paillettes au fond: tu peux couper le feu. Il te reste une opération délicate, verser le nectar dans un bocal à travers une fine passoire. Il se conserve dans une armoire à température ambiante et jamais ne rancira: les protéines étant emprisonnées dans les paillettes. Il ne brûlera plus dans la poêle non plus: l'eau que le beurre contenait s'est évaporée.

En toute simplicité et un peu moins d'une heure, tu obtiens ce doux miel qui enchantera la cuisine et les palais.

Si tu veux en savoir un peu plus sur le sens et les origines du ghi, clique sur le mot magique: ayurveda 

mardi 22 juillet 2014

Des tresses, un hérisson et une chanson

La récolte d'échalotes est exceptionnelle cette année, elles sont toutes belles, dodues, luisantes et pas l'ombre d'une vermine. Le Jardin du vent est équipé de mains expertes qui en font de jolies tresses, histoires de les conserver le plus longtemps possible.

En plus, c'est joli


Pendant ce temps-là, on se sent observé...on dirait qu'il ne peut plus se passer de nous!


Alors on lui chante sa chanson. La la, lalalala la la, lalalala la la la la la la....

dimanche 20 juillet 2014

L'invité de marque

Des années qu'on suit sa famille à la trace crotte, des années qu'on sait où ils logent, des années qu'on trouve qu'ils pourraient se forcer et manger un peu plus de limaces quand même.

Dix ans pour tout te dire. Dix ans qu'on avait repéré la première trace.

Et aujourd'hui, le cadeau de midi:





vendredi 11 juillet 2014

Summertime

L'été frappe le jardin de plein fouet. 


Arrosages ultra-vigilants, malgré quoi on déplore quelques tristes pertes, récoltes abondantes, 






même si la plupart des plants de tomates avaient été mélangés chez le producteur et ne sont en réalité que des plants de tomates cerises, tranquillité quasi absolue côté invasion de ravageurs.

Les journées coulent, douces.




lundi 22 juillet 2013

L'autre bout du monde

Je me suis réveillée au milieu de la savane.
Il s'est passé un truc. J'ai ouvert les yeux et j'ai vu ça:


au réveil, sans lunettes je ne vois pas très bien; je ne me suis donc pas posée trop de questions et suis partie à la recherche de mes yeux de secours. Quelques heures plus tard (j'égare souvent les bêtes), chaussée de verres correcteurs, j'ai vu ça:




Pas de doute possible, j'ai été transportée bien loin de ces côtes ventées et pluvieuses du Finistère nord.
Tout est poussière, les feuilles se ratatinent, les arbres se meurent, les papillons ont la gorge sèche, ça craque sous les pieds...là où tout était mousse et douceur, ce ne sont plus que brindilles cassantes et piquantes.



Tu ne me crois pas?
Tu as tort, j'ai même vu un lion...
Alors?

dimanche 14 juillet 2013

Chronique d'une catastrophe tomatesque

Tu sais que cette année la météo est un peu caractérielle. 
Tu ne sais peut-être pas qu'ici, dans le nord de la Bretagne, il a plu beaucoup plus que de raison pendant presque une année, il y a eu des gelées jusqu'à mi-mai, il a fait froid tout le mois de juin, et soudainement, plus l'ombre d'une goutte d'eau et des températures à faire transpirer les phoques.
Mets-toi à la place de n'importe quel végétal peu entraîné au trail de l'extrême: c'est une année éprouvante. 
On sait que la nature regorge de ressources mystérieuses, ainsi toutes les espèces endémiques trouvent le moyen de s'épanouir plus ou moins correctement. 
Il en est même qu'on avait jamais vues et qui ont pointé leur museau d'étamines dans les dunes rincées pendant une année.


Les choses ne se passent pas aussi bien pour tout le monde. 
Mes copines de l'été, celles pour qui nous avons aménagé une cabine de luxe, souffrent amèrement des ces changements de température que le verre de la serre (non chauffée) ne suffit pas à atténuer. Elles épuisent leurs forces dans ce combat contre nature, et abandonnent nombre de leurs fleurs pour sauver les fruits déjà formés.
Nous ne ferons pas d'indigestion de tomates cette année.





dimanche 7 juillet 2013

Jean-Michel a dit: 27°C à l'ombre et au vent

Il est arrivé, celui qu'on attendait tous, celui auquel plus personne ne croyait, celui qui ne durera peut-être pas, mais qu'importe, il est là.

Et avec lui, les cris des enfants volent de la plage jusqu'ici, les goélands n'en finissent pas de sourire, les échalotes et les oignons demandent grâce,


les fleurs se font belles,





les tomates ne se sentent plus de joie, et je ne te dis pas ce qu'il en est de nos papilles lorsqu'on leur présente ça:







Il en faut peu pour être heureux.

lundi 30 juillet 2012

Pas chiche

Cette année, entre autres choses, j'ai eu envie de semer des pois chiches. L'expérience s'avère concluante pour l'instant. Je ne sais pas s'ils arriveront à  maturité, mais cela m'importe peu, ils sont jolis et c'est déjà pas mal.

























Quelques épinards-fraises s'étaient semés spontanément l'été dernier et ils ont eu la belle idée de se mêler à la forêt de pois chiches. Juste pour la couleur. 



























Si tu préfères le bleu... je te présente ma première fleur de chicorée. Je n'en suis pas peu fière, je croyais que je l'avais perdue ou que j'avais mal semé les graines que j'avais reçues de la Cabane de Tellus. Et voilà qu'en cette fin juillet, comme un cadeau elle s'offre à nous. Il en faut peu pour égayer une journée.




dimanche 22 juillet 2012

Rose et blanc

Cet hiver ma gentille voisine m'a donné son déshydrateur à condition que je la laisse l'utiliser si elle en a besoin. Bon deal.


Ce printemps j'ai semé de jolies betteraves.


Cet été (cette semaine donc) je les ai récoltées et j'ai essayé ce nouvel outil qui me tentait tant.


Un passage à la mandoline, de belles rondelles, un coup de pinceau d'huile d'olive, quelques grains de sel, six heures de séchage et le tour est joué.




samedi 14 juillet 2012

Maï pen raï *

C'est décidé, on cède à tous nos caprices et on ne laisse filer aucun petit bonheur.

























On contemple le jardin plus qu'on ne s'en occupe, on lui fait confiance, il se débrouille bien tout seul, et pendant ce temps-là on ose quelques douceurs...

Une tarte au chocolat détentrice d'un secret au beurre salé. 

Tu t'atèles à une pâte sablée, rapide (225g de farine, 100g de sucre blond, 130g de beurre salé et un jaune d'oeuf). Une fois pétrie, tu l'emballes dans un film alimentaire et tu la laisses reposer une heure au frais. Tu en profites pour partir à la chasse aux papillons. A ton retour, tu préchauffes ton four à 180°. Tu étales ta pâte et l'enfournes pour 6 minutes. Pendant ce temps tu fais chauffer 20 cl de crème liquide dans laquelle tu laisseras fondre 200g de chocolat à cuire. Dans un bol tu bats un oeuf avec 10 cl de lait. Tu fais se rencontrer les deux mixtures. Tu touilles. Les six minutes sont écoulées, tu sors ton fond de tarte, tu le couvres d'une bonne couche de caramel au beurre salé et tu laisses un peu refroidir avant de verser par-dessus la préparation chocolatée. Tu remets le tout au four pour une vingtaine de minutes. Tu réserveras au frais avant de goûter et de m'en donner des nouvelles.

Le magique de l'histoire c'est que tu peux  augmenter les doses de la partie chocolatée, en emplir des ramequins, les enfourner aussi et obtenir de délicieuses crèmes au chocolat.











* si tu veux savoir, viens par-là, chez ma copine.

vendredi 6 juillet 2012

Marcher sur la tête

Tu sais, en ce moment, depuis un bon moment même, et heureusement, y en a qui se sont rendus compte qu'il était peut-être temps de faire attention à notre belle planète. 
Globalement chacun y met un peu du sien, celui qui peut se met à cultiver son petit jardin, voire quelques potées sur un balcon, et y en a même qui ont osé installer de vrais potagers, beaux grands et tout, le long de leur trottoir en ville (des inconscients, en fait, tu vas comprendre...).
Trop chouette non?

Ben non pas si chouette pour les élus d'une municipalité du Québec qui viennent de décider d'interdire les potagers devant les maisons. Bah oui c'est tellement plus joli, une allée de macadam, un muret en béton et un beau 4X4 garé là, tout luisant et ronronnant.
Ce n'est même pas une blague, tout est là, au potager urbain (des inconscients comme on aime). Tu peux aller voir ce joli blog, tout y est expliqué et tu peux signer une pétition pour dire combien tu trouves cette idée extraordinaire (sans conteste au top ten des trop bonnes idées d'une municipalité), si tu veux.


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