Le Jardin n'a jamais si bien porté son nom. Depuis plusieurs jours, il est là. Le vent.
En général on l'aime, il nous manque quand il se retient, mais là il atteint le stade où on ne se demande plus si on l'aime ou pas.
On s'en protège, c'est tout.
Il envahit nos sens. On le sent, on l'entend, on le respire, il amène avec lui multitude de goûts et d'odeurs. Il fait gronder les flots. La végétation s'accroche.
Au rythme des marées, les marais et les terres plus basses se lacquéfient (ouais). Les oiseaux se planquent, les poissons on n'ose même pas imaginer.
On laisse des bougies et des lampes de poches dans tous les coins, on sait jamais. Quand on regarde le poteau qui soutien la ligne téléphonique, on se demande si sa danse durera longtemps avant qu'il ne cède.
C'est notre hiver à nous, celui qu'on sait et dont on ne se passerait pas.
C'est notre hiver à nous, celui qu'on sait et dont on ne se passerait pas.
Et alors qu'on dort une oreille aux aguets, soit pour l'écouter, soit pour entendre la grêle, soit pour s'étonner d'une accalmie (jamais bien longue), Lulu s'en fiche royalement et ne nous demandera même pas à son réveil au printemps:
"Bien dormi??"